Tempelhof, temple de l’E-Prix ?

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L’aéroport historique de Berlin coche toutes les cases pour un meeting de Formule E réussi. En centre-ville mais sans impact sur la circulation, le championnat du monde peut s’y dérouler sereinement, et les Berlinois ne s’y trompent pas.

Le principe de la Formule E est de créer des circuits urbains, sur lesquels s’affrontent les monoplaces 100% électriques du championnat. Mais il n’est pas toujours facile de barrer les rues d’un centre-ville pour y organiser une course automobile… à moins qu’il n’offre suffisamment d’espace pour dessiner un circuit sans avoir le moindre impact sur la circulation ! Et c’est exactement ce qui se passe à Berlin, grâce aux pistes de l’ancien aéroport de Tempelhof, idéalement situées, fermées en 2008 et dédiées aux événements culturels et sportifs depuis 2010.

L’endroit parfait

Si l’ADN de la série est d’investir dans les centres-villes, les freins à la bonne réalisation du projet sont nombreux. D’une part, il est difficile d’inscrire l’événement dans la durée, car les maires des communes peuvent changer et avoir une approche différente du contrat. On l’a déjà vu, comme à Montréal en 2017. Ensuite, il y a la partie “résidents”, qui peut être privée de pouvoir rentrer chez elle lors de l’installation puis le jour de la course. Stabiliser un calendrier et signer des contrats à long terme avec des villes emblématiques est donc l’enjeu le plus sérieux pour l’avenir du championnat du monde de Formule E. Dans ce contexte, ce n’est pas un hasard si Berlin est présente chaque année depuis le début de la série en 2014, et qu’elle est la seule et unique ville dans cette configuration. Cela ne veut pas dire que les Allemands sont plus fans que les autres, ni plus compatissants. La seule année où la course se déroulait dans le centre-ville, à l’Alexanderplatz, les organisateurs étaient priés d’aller jouer ailleurs, sous-entendant “pas sur la route” à partir de la saison suivante. Dès lors, l’aéroport historique de Tempelhof était le refuge idéal, et il est toujours considéré par tous comme le lieu idéal pour ce genre d’événement.

La ville sans contraintes

Il faut dire que le lieu est particulièrement adapté à la série. On peut facilement s’y rendre en transports en commun ou même en métro (même les équipes de la FIA s’en emparent !), en vélo, en Uber, en VTC, en taxi pour un petit prix (peu d’embouteillages à Berlin), tandis que le lieu est dans l’une des zones les plus touristiques de la capitale. De plus, son bâtiment géant (1,2 km de long, en arc de cercle) vaut le coup d’œil, sans oublier le côté historique du lieu, toujours intéressant à considérer. C’est pour toutes ces raisons que les deux E-Prix allemands, comme tous les précédents hors Covid, connaissent un grand succès populaire. Les familles font volontiers la queue dès les premières heures de la journée, afin de pénétrer sur cette esplanade géante, où diverses attractions les attendent. C’est à la fois une sortie instructive, avec des informations ludiques sur la mobilité de demain, mais aussi un moment de sport automobile où l’on peut voir nombre de pilotes très motivés sur la piste. La particularité du lieu permet également d’avoir un œil sur la quasi-totalité du circuit, quelle que soit la tribune où l’on se trouve. Dès lors, c’est une expérience assez immersive qui s’offre aux spectateurs, désormais nombreux à ne pas manquer le rendez-vous. On peut cependant reprocher à cette piste deux choses : le fait qu’elle soit complètement plate puisqu’il s’agit d’un tarmac d’aéroport, mais aussi que son sol soit en béton strié, ce qui est particulièrement difficile pour le pneu. mais aussi pour l’adhérence, assez différente d’un sol en asphalte de centre-ville.

Mais pour Michelin, qui est en première ligne sur ce sujet puisqu’il est l’unique fournisseur du championnat, le problème est ailleurs. ” Comme le terrain de l’aéroport historique de Tempelhof n’accueille pas d’autres courses automobiles, il n’est pas préparé pour l’exercice, c’est noté Mirko Pirracchiole manager de Michelin en Formule E. Les dépassements successifs des voitures, dans un sens puis dans l’autre, généreront une amélioration des temps au tour, tandis que les voitures seront également autorisées à utiliser plus de puissance que l’an dernier. C’est donc une nouveauté et un point d’interrogation, mais comme toujours, nous comptons sur la régularité et la polyvalence de nos pneumatiques pour permettre aux pilotes de se livrer les meilleures batailles. Nous venons ici depuis la saison 1 et nous y avons utilisé trois générations de pneus spécifiques sans aucun problème d’usure. Par conséquent, nous sommes confiants. »

Les spectateurs répondent

Afin d’observer la typologie et l’esprit des visiteurs, nous nous sommes glissés dans la file d’attente à l’entrée principale du circuit. Celle-ci est distincte de celle des invités, nombreux à Berlin, sous l’impulsion de Mercedes et Porsche. Dans la longue file qui nous sépare de l’entrée, le public est majoritairement des Berlinois, des familles, mais des touristes ont profité du passage de Formule E pour découvrir les lieux. Comme ces deux jeunes Français, en vacances dans la capitale allemande. “Nous avions été à la course à Paris, et nous étions franchement déçus”, raconte Nathan, un jeune trentenaire travaillant dans l’informatique. Mais cela fait quelques années et ce sera l’occasion non seulement de visiter cet aéroport chargé d’histoire que l’on n’a jamais eu l’occasion de découvrir, et de voir si le spectacle est de meilleure qualité en matière de course automobile. . Ce sera certainement le cas !

Photo: Didier Laurent

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